Dix minutes en plein midi dans les rues de Medellin

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Medellin, une des villes les plus dangereuses du monde dans les années 90. On s’y promène aujourd’hui sans crainte. D’après ce que l’on nous dit, cette pacification est l’œuvre de Luiz Perez, élu maire en 2001. Ce professeur de mathématiques, las de la violence omniprésente à Medellin et du manque de mesures prises par les autorités en place, décide de la construction d’un téléphérique pour désenclaver les favelas qui s’étendent à perte de vue sur les flancs de montagnes. Celles-ci sont désormais reliées au centre-ville, dans lequel on vous emmène faire un tour…

Ici, comme partout en Colombie, pas de noms de rue. Uniquement des numéros suivant le tracé plus ou moins quadrillé des cartes. Les rues horizontales seront les « calles » et les verticales, les « carreras ». On habite par exemple au numéro 45 du bloc situé à l’intersection de la carrera 67 et de la calle 12. On n’est pas sûres d’avoir nous-mêmes parfaitement assimilé le système…

Nous voilà donc sur la carrera 54, dans le centre-ville de Medellin. Il doit faire 35 degrés. Ce qui pourrait être la température idéale pour une semaine de vacances rend le trajet un peu plus pénible ici.

IMG_7539Les trottoirs sont très hauts, défoncés, mais on se réjouit de leur existence. Il leur manque des pavés, les trous d’égouts ou de chantiers sont rarement recouverts, ni même signalés. Ils nous séparent tout de même de la conduite imprudente des automobilistes. Les passages piétons ne sont que pure fiction pour eux. On s’arrête alors prudemment, les bus démarrent au feu dans un bruit assourdissant et en dégageant un nuage noir nous arrivant en plein visage.

Le vent est chaud, le soleil en plein midi est aveuglant. Tous les dix mètres sur les trottoirs hommes et femmes de tout âge tiennent de petits stands improvisés. On y vend de tout : des fruits, des popcorns, des jugos naturales, des chips, des gâteaux, de la viande grillée, des brochettes,… Toutes ces odeurs se mélangent et son accompagnées par les cris des vendeurs ambulants en plus de ceux vendant des sacs, des bracelets, des CD, des DVD, des tickets de loto ou des recharges téléphoniques,  à même le sol. C’est sans compter ceux qui font la réclame d’un magasin en plein déstockage dans un micro hurlant et grésillant.

De temps en temps on aperçoit un mendiant fait la manche le long d’un mur, des femmes avec leurs enfants qu’elles ont du mal à tenir en place.

IMG_7537On est apostrophées à chaque seconde par tous les personnages de cette scène étonnante. Simples spectatrices, nous devons circuler habilement entre les acteurs afférés, mais aussi entre ceux qui, cette fois-ci, ne semblent pas avoir eu de rôle : ceux qui attendent, – l’éternelle attente – qui regardent la scène se dérouler sans eux, appuyés contre un mur, sur une canne, sur les pavés, sans en avoir l’air offusqué pour autant.

Ce spectacle, dont la mise en scène, bourdonnante, bruyante, enfumée et chaude peut sembler hostile aux premiers abords, est par-dessus tout enivrant. Le charme de ces villes colombiennes si différentes des nôtres finit par nous emmener dans sa danse effrénée.

Astrid

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