Amina Benkhadra – Rabat, Maroc

 

IMG_4848Une femme au milieu d’hommes. Voici comment a évolué Amina Benkhadra pendant toute sa carrière. A peu près dans chacune de ses fonctions, Amina fut la première femme à l’exercer au Maroc. Précurseur dans bien des domaines, cette ingénieure diplômée des Mines de Nancy et détentrice d’un doctorat des Mines de Paris nous décrit son long périple jusqu’à ce jour, à la direction de l’ONHYM, l’Office National des Hydrocarbures et des Mines.

Amina commence sa carrière au Maroc, au BRPM (Bureau de Recherche et de Participations Minières) dans un secteur fortement masculin :

Je pense que j’étais la première femme ingénieure des mines au Maroc. C’etait vu d’une manière suspicieuse, les gens se disaient : « une femme ingénieure des mines ? Elle n’en sera pas capable ».

Amina reconnaît sans prétention les difficultés qu’elle a rencontré durant ces années :

Opérer dans un secteur très masculin. Les mines sont souvent dans des régions éloignées et difficiles, vous devez descendre dans les galeries, il y a beaucoup de travail d’équipe. J’ai donc dû fournir plus d’efforts que mes collègues masculins.

Amina sait qu’elle a dû compter sur l’appui de quelques alliés masculins sans lesquels elle ne serait pas là aujourd’hui :

En tant que femme, si vous n’avez pas un peu de soutien de la part de votre hiérarchie vous ne pouvez pas avancer de manière correcte.

En 1997, elle est l’une des quatre premières femmes nommées au gouvernement de transition, en tant que secrétaire d’Etat aux mines, où elle contribue à la mise en place de la nouvelle politique énergétique marocaine.

En 2007 Amina devient ministre de l’énergie de l’eau et de l’environnement, poste qu’elle exercera jusqu’en 2012.

Fruit de l’élite marocaine formée à l’étranger, Amina a immédiatement ressenti le besoin de retourner travailler pour son pays après ses études, sentiment qu’elle ne retrouve pas forcément chez les jeunes de la génération actuelle :

Beaucoup sont happés dès leur sortie d’école par les groupes étrangers à Paris, à Londres ou ailleurs. Je ne condamne pas cela je pense que ça leur donnera un peu plus d’expérience pour leur début de carrière et que ça les armera encore plus au moment où ils rentreront chez eux. Mais ce que je ne souhaiterais pas c’est que cette élite qui est formée à l’extérieur ne rentre pas pour renforcer les capacités du Maroc.

Quand on l’interroge sur les conditions des femmes au Maroc, Amina nous répond que les choses semblent évoluer. Mais elle nous rappelle que malgré ces évolutions, tout n’est pas si facile à acquérir. A commencer par l’éducation des filles et des femmes, qui reste extrêmement lacunaire dans ce pays.

On a tous un potentiel, homme ou femme. Les femmes ont autant de potentiel sinon plus, il faut qu’elles mènent avec détermination le fil de leur vie. Qu’elles soient volontaires, qu’elles avancent. Mais il faut qu’au préalable elles aient été éduquées.

On ne vous donne pas les choses sur un plateau, il faut vous battre pour les obtenir. Si on n’est pas éduquées ou formées on est reléguées au dernier plan.

Amina fait aujourd’hui partie des 25 femmes les plus influentes du business en Afrique, selon le journal Jeune Afrique. Elle qui n’a jamais baissé le bras dans des milieux très majoritairement masculins donne avant de nous quitter un dernier conseil à notre génération de filles et de femmes :  

Croyez en vous. Et avancez.

 

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