Juliana Martins Correa – Sorocaba, Brésil

SEMEAR Group est un collectif créé dans les années 90 rassemblant des femmes chercheuses biologistes (étudiantes et professeures à l’Université de Sorocaba, état de Sao Paulo) et des femmes appartenant à des communautés reculées de l’Est du Brésil. Il  a été présenté lors de la COP21 2016 à Paris parmi les projets phares du WGC (Women and Gender Consituency) appartenant à l’UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change). L’objectif de cette association est double : participer à la recherche sur les semences qui permettent la restauration de le forêt brésilienne, largement endommagée par les actions de déforestation massive, et favoriser l’autonomisation des femmes appartenant à des communautés reculées en leur fournissant de l’emploi (collecte des graines, tri, etc). Une telle initiative permet à ces femmes de quitter peu à peu leurs activités domestiques pour développer entre autres leur propre commerce de bijoux artisanaux.

Nous avons rencontré 3 femmes clé de l’association, qui portent le projet depuis plusieurs années : Maiara, Juliana et Lucia. Voici leurs portraits.

IMG_8999Juliana est étudiante en master de « Forest Engineering » à l’université de Sorocaba depuis plusieurs années, où elle travaille aujourd’hui sur la diversité génétique de quelques espèces d’arbres d’Amazonie et étudie les conséquences des croisements entre ces espèces. A 29 ans, elle rêve de devenir professeure à l’université.

Avec le projet SEMEAR, elle met en lumière pour nous l’importance des femmes au sein de cet écosystème. Dans la forêt, au sein des populations locales et rurales, la plupart des personnes qui récoltent les graines sont des femmes. Ces graines servent principalement à créer des produits manufacturés – des crèmes hydratantes, des savons, etc. – destinés aux femmes. C’est une boucle qui débute avec des femmes, et se termine pour des femmes.

Ambitieuse et passionnée, son parcours n’était pourtant pas tout tracé. Encore aujourd’hui, sa famille a beaucoup de mal à accepter son choix : devenir chercheuse, vouloir étudier et être professeure – plutôt que de trouver un « real job » comme lui reproche souvent son entourage.

Au Brésil, la recherche est bien trop souvent perçue comme une perte de temps, alors que selon Juliana, être chercheuse est bien plus dur qu’un simple métier, car il a pour vocation de diffuser le savoir :

You are not studying for you, you are studying for the entire world

Tu n’étudies pas seulement pour toi, tu étudies pour le monde entier

 IMG_9090 (1)

Malgré ces différents obstacles, familiaux et sociaux, qu’elle doit surmonter, elle est et reste sûre de son choix. Elle rêve aujourd’hui de pouvoir un jour passer le flambeau comme il se doit :

My dream is to give the opportunity to the next students to learn what I learnt

Mon rêve, c’est de pouvoir donner l’opportunité aux prochains étudiants d’apprendre ce que j’ai appris

Why do I do research if I can’t spread it to people ?

Pourquoi faire de la recherche si je ne peux pas la partager avec les autres ?

Avec une telle motivation d’atteindre son objectif, elle aimerait encourager notre génération à ne jamais abandonner ses rêves pour quelque raison ou influence que ce soit.

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