Kathy Walkling – Auroville, Inde

Créée en 1968 suite à l’initiative du « couple » spirituel formé par Sri Aurobindo et une française surnommée la Mère Universelle, Auroville est la 1ère communauté intentionnelle et internationale au monde : c’est une cité expérimentale, répartie en petites communautés, dans laquelle les Aurovilliens vivent en paix et en harmonie au-dessus de toute nationalité, toute hiérarchie, toute religion, toute politique et toute recherche du profit. Selon la charte d’Auroville, cette ville « n’appartient à personne en particulier mais à l’ensemble de l’humanité », en échange de quoi les Aurovilliens sont les serviteurs de la conscience divine. Aujourd’hui, Auroville compte 2000 habitants Aurovilliens, dont la moitié sont Indiens et l’autre sont des étrangers du monde entier.

 

Traverser le Pacifique, de son Australie natale jusqu’à Auroville

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Séduite il y a 20 ans par le message et le rêve d’Auroville, Kathy fait partie des Aurovilliens qui ont quitté leur pays d’origine pour s’installer dans ce havre de paix et de spiritualité au centre du Tamil Nadu.

Depuis son plus jeune âge, Kathy a toujours eu du mal avec la culture avec laquelle elle a grandi. Elle se sentait oppressée, parmi des personnes qui ne rêvaient pas en grand et qui répétaient sans cesse « Life is hard ».

I came here because the dream of Auroville touched my heart : there is a possibility for any human being to realize their potential, develop deep inside and not be bound by cultures.

Je suis venue ici car le rêve d’Auroville a touché mon cœur : chaque être humain a la possibilité de se réaliser, de se développer à l’intérieur de lui-même, sans être limité par des cultures.

 

Elle se souvient notamment avoir observé sa mère et ses grand-mères respecter leur devoir de femme, d’épouse et de mère avant même de penser à leurs propres rêves :

I’ve seen them being obedient and compliant. For me, it is not the right path, it is not right to sacrify your own dream when you are a woman.

Je les ai observées être obéissantes et conciliantes. Pour moi, ce n’est pas le droit chemin, ce n’est pas juste de sacrifier ses propres rêves quand on est une femme.

Rejettant ce qu’elle a appris dans sa jeunesse, elle nous conseille aujourd’hui d’être plus rebelles… !

C’est à Auroville, un endroit ancré dans des valeurs spirituelles, qu’elle a commencé à sentir l’inspiration résonner dans son cœur et à rêver plus grand.

In any culture we are not told enough how much potential and creativity we have and that’s a tragedy. I would love every girl and woman to feel free and safe as a citizen of the earth, to keep seeking for the place or the people that make their hearts beat and their wings fly.

Dans toutes les cultures, on ne nous dit pas assez que l’on a du potentiel ou de la créativité, et c’est grave. J’aimerais que chaque fille et chaque femme puisse se sentir libre et en sécurité en tant que citoyenne de la terre, puisse cherche sa place ou les personnes qui feront battre leur cœur et voler leurs ailes.

En créant son entreprise sociale Eco Femme, elle travaille aujourd’hui à l’intersection de deux chemins qui la passionnent : l’environnement et les femmes. Eco Femme est une entreprise qui produit et distribue des serviettes hygiéniques lavables et réutilisables, en Inde et dans 19 autres pays du monde. D’où vient son idée ? De son expérience personnelle et de ses observations dès son arrivée en Inde où elle s’est rendue compte que le sujet des menstruations et de l’hygiène féminine était encore très sensible.

Même si elle considère son projet comme une goutte d’eau dans un océan d’initiatives similaires, elle aime sentir que le projet Eco Femme a de l’impact sur la vie des femmes et des filles. Elle nous explique vouloir s’adresser en priorité aux adolescentes, qui à la puberté, se questionnent beaucoup sur leur identité et sur leur corps. Travailler avec cette cible de jeunes femmes à travers des ateliers et des discussions permet à Kathy d’évoquer ce tabou, les règles, en le repositionnant comme un symbole de maturité et d’acceptation du corps.

We deal with body litteracy : the objective is to know, accept, and become friend with your body.

Nous travaillons avec le langage du corps : l’objectif est de connaître, d’accepter et de se faire ami avec son corps.

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En Inde, comme dans beaucoup de pays visés par Eco Femme, des obstacles se dressent évidemment face à l’innovation, puisqu’il faut en priorité tâter le terrain et éveiller l’intérêt et l’ouverture d’esprit pour le lancement d’un nouveau produit. La difficulté est multipliée lorsque l’innovation touche à un sujet aussi tabou que les menstruations féminines, autour duquel se dresse un « Wall of silence », comme elle l’évoque. Chaque jour, à Auroville et ailleurs, Kathy se bat pour ce sujet auquel elle croit, en cherchant à vulgariser et rendre accessible son produit – économique, écologique, hygiénique, etc.

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La volonté de ne plus avoir peur pour avancer

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Don’t think that living your dreams and being powerful is a kind of destiny that belong to other women who are wealthier or more educated or else. It belongs to any woman, it is every girl’s birth right.

Ne pensez pas que vivre ses rêves ou avoir du pouvoir est le genre de destin qui n’appartient qu’aux autres femmes, plus éduquées, plus aisées, ou autre. Ce destin appartient à chaque femme, c’est un droit de naissance pour chaque fille.

A travers son projet et son travail, Kathy observe beaucoup les femmes dans les pays qu’elle traverse. Elle cherche toujours à défendre le droit des femmes et à les pousser à agir. Agir malgré la peur, malgré la voix des autres, avec de la détermination, du courage pour essayer et de l’ambition pour croire que « Je peux ».

Sûre des conseils qu’elle nous énonce, elle rit en ajoutant :

I am also working on it, on my tendances to have fearful and limiting thoughts sometimes. I’d like to feel more courageous to stand against injustices and not to be afraid of my voice.

J’y travaille moi aussi, sur ma tendance à avoir des pensées frileuses ou restreintes, parfois. J’aimerais être plus courageuse, pouvoir me dresser face à des injustices sans avoir peur de ma voix.

A voir cette femme si convaincue par son projet et par les causes qu’elle défend, on apprécie sentir aussi quelques faiblesses qu’elle reconnaît honnêtement mais sur lesquelles elle travaille.

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