Pooja Kochar – Mumbai, Inde (English + Français)

—- Version française en dessous —-

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When we met Pooja at a Café in Colaba, Mumbai, we first were very surprised of who we saw. A young woman with no saree or ample trouser and long shirt, like every Indian woman would get dressed – nonetheless this is what we were used to see up to this day. Pooja was wearing a short and tight- fitting red dress and had her hair down. Immediately we knew this woman had something different.

Pooja had been working at Tata Consultancy Service for almost ten years managing corporate sponsorship. She said she had the ‘perfect job’, she was meeting the right people, yet something was missing. Then she made the ‘toughest decision of her professional life’ and gave up her comfort and start her own blog, on the day she turned 30.

Through 30ish – this is the name of her blog – Pooja wants to fight against body shaming. According to her, body shaming affects teenager ladies as well as young mother, just after their pregnancy. She wants to tackle the lack of self-confidence of women in India.

The reason why they feel ashamed, is probably because when they were a child they went through a lot of discrimination or kind of feeling of being judged. They felt this at the early age. If they want to fight against body shaming they have to tackle the true causes.

For young girls, Pooja organises workshops in schools, to encourage them to talk, to teach them what really matters:

The reason why most women are conscious about the way they look and feel is because most of us were judged and restricted at very formative years of growing up.

The Indian education system is very rigid, and provides very limited opportunities to grow your learnings beyond a structured and textual format.

I want these girls to think big and fearless. A woman is not going to turn 25 and suddenly feel confident and comfortable, we have to assure her at every stage that her beauty is beyond perfection.

Pooja is also doing a lot of work with young mothers who seem to be very unsettled post birth because of the way their bodies change. She launched her digital brand PhotoblogHER. She said, I use photography to send out a positive message. To her, because they gave birth, every mother is a warrior and her strength is beyond words.

Pooja is aware of the burden of tradition in her society. India is the country – if not continent – of disparities. And these disparities between regions, between cities and rural areas also affects the status of women:

For 80% of the society, I think the biggest trouble with women is when you don’t let them dream big, when you tell them they have to marry at 25 and have kids as soon as possible, you tell her ‘you can’t dream’ If you can’t dream, then you will never grow. So let them be, let them make their mistakes ad grow as a person.

A lot is expected from most women in India, and, as Pooja said, they are conditioned to ‘put themselves last’. They naturally come after their husband, their children and their in-laws. This is in their nature, they think ‘they can manage all this’. The hardest thing is to fight for oneself, to change this traditional way of thinking of women.

Yet Pooja knows that India’s society is changing. It has started a slow but strong transformation about women’s place.

When people ask me ‘are you a feminist?’, I say ‘no I am a futurist. Because I feel that the future belongs to women’. Our society is going through a lot of changes right now. We have a patriarchal society that give importance to the way men think but women are standing up for themselves which is the most important factor.

Pooja wants to encourage this change by giving always more self-confidence to women, she says Indian women are extremely talented but they still need a little bit of mentoring and help to grow. And this starts by the acceptance of one’s body and mind:

Don’t give away on your uniqueness. For me beauty is absolutely fearless, it is not flawless. It is when you own your flaws and you decide to live with it. That is the true essence of anyone so just be yourself, have the courage to stand up for what you truly believe in.

Pooja seems to be one of the precious symbol of Indian new generation of women, getting every day more independent and ambitious, but aware of the disparity of opportunities her generation is still facing in this country.

 

Version française :

IMG_0197Quelle ne fût pas notre surprise quand nous avons rencontré Pooja, dans un café du quartier de Colaba à Mumbai. Point de sari traditionnel ou de longue tunique sur un pantalon pour habiller cette jeune femme, à la manière de n’importe quelle autre Indienne – du moins, c’est ce que nous avions vu jusqu’alors. Une robe courte et moulante et les cheveux lâchés, Pooja nous montre rien que par sa tenue qu’elle a quelque chose de différent de ses compatriotes.

Pooja a passé dix ans chez Tata en mécénat d’entreprise, elle avait « le job idéal », rencontrait les bonnes personnes, mais elle n’était pas épanouie. Elle a alors pris ce qu’elle considère comme la décision la plus dure de sa vie : elle abandonna son confort et commença, le jour de ses trente ans son propre blog.

Grâce à son blog 30ish, Pooja veut combattre le mal être des femmes face à leur corps. Selon elle, ce fléau concerne aussi bien les adolescentes que les jeunes mamans suite à leur accouchement. Plus largement, elle veut s’attaquer au manque de confiance qui découle de ce mal être corporel chez les femmes en Inde.

La raison pour laquelle elles se sentent humiliées est certainement parce qu’elles ont subi beaucoup de discriminations et de jugements étant petites. Si elles veulent combattre leur mal être, il faut s’attaquer aux vraies causes. 

Pour les jeunes filles, Pooja organise des ateliers de discussion dans les écoles pour recueillir leurs témoignages et leur apprendre ce qui importe réellement :

Le système éducatif indien est très rigide. Ce sont les livres qui vont vous rendre intelligents. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je veux que ces filles pensent en dehors des cadres. Je veux qu’elles soient libres dans leur façon de penser et de planifier leur avenir. Une femme n’arrive pas comme cela à 25 ans dotée d’une totale confiance en elle. A chaque étape il faut lui dire « vas-y, je suis avec toi ».

Pour les jeunes mères, Pooja se transforme en photographe – réalisant ainsi sa passion – pour les aider à accepter leur corps, avec ses transformations et ses défauts. Pour elle, le pouvoir d’une jeune mère dépasse n’importe lequel de ces défauts : elle a donné la vie, c’est sa force.

Pooja sait le poids de la tradition dans la société indienne. L’Inde est le pays – si ce n’est le continent- des disparités. Et ces disparités, qu’elles soient entre les Etats ou entre la ville et la campagne, concerne aussi le statut des femmes.

Pour 80% de la société, je pense que le plus gros problème avec les femmes est quand vous ne les laissez pas rêver à de grandes choses, quand vous leur dites qu’elles doivent se marier à 22 ans et avoir des enfants le plus vite possible. Cela revient à leur dire « tu ne peux pas rêver », alors elles ne pourront jamais grandir intérieurement. Donc laissez les faire, laissez les commettre des erreurs et apprendre de celles-ci.

En Inde, on exige beaucoup des femmes, et comme nous dit Pooja, les femmes ont souvent tendance à « se placer en dernier ». Elles se placent naturellement après leur mari, leurs enfants, leur belle-famille. C’est dans leur nature, elles pensent « pouvoir gérer tout cela ». Le plus dur est donc de lutter contre elles-mêmes pour changer ce mode de pensée traditionnel.

Cependant, Pooja sait que l’Inde est en train de changer, elle sait que son pays à commencer une lente mais puissante transformation concernant la place qu’il accorde aux femmes.

Quand les gens me demandent si je suis féministe, je réponds que non, je suis futuriste, car je sens que l’avenir appartient aux femmes. Notre société traverse de grands changements actuellement. Nous vivons dans une société patriarcale qui accorde de l’importance à la pensée des hommes. Cela a toujours été comme ça. Je ne vais pas contre ce fait établi. Mais je sais que l’avenir appartient aux femmes.

Pooja aimerait encourager cette évolution en redonnant toujours plus confiance aux femmes. Pour elle, les indiennes ont beaucoup de talent mais ont encore besoin de soutien pour progresser. Et cela commence par l’acceptation de son corps :

N’oubliez jamais votre unicité. Selon moi, la beauté n’est pas l’absence de défaut mais l’absence de craintes. La beauté, c’est avoir l’ascendant sur vos défauts et décider de vivre avec. La véritable essence de chacun est d’être simplement soi-même, d’avoir le courage de se battre pour ce en quoi l’on croit vraiment.

Pooja nous apparaît comme le symbole de la nouvelle génération indienne de femmes qui est chaque jour un peu plus indépendante et ambitieuse, mais toujours consciente des inégalités d’opportunités que cette génération doit encore combattre au sein de son pays.

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