Shirley Maya Tan – Angat, Philippines (English + Français)

—- Version française en dessous —-

IMG_1398The latest Hermes handbag, the whole latest Chanel collection, studies in a prestigious British University, a return flight to Maldives in private jet, the Porsche of the year, photographs in the weekly papers, charity galas for the coming months, dozens of Philippine maids, here is what Shirley renounced to in year 2007. At this moment, she woke up in the middle of this dream made of straws, glamour and fame and realized she couldn’t keep going.

As an inheritor of a great Malaysian family, Shirley has been living since her early childhood the life of a millionaire in Kuala Lumpur.

I used to wake up every morning and from the time I wake up to the time I go to bed I didn’t have to do anything, everything was done for me. I was blind by glamour and parties, fancy cars, expensive handbags, travels, collecting jewelry, clothes. You could think that real life is like this but it was not serving me in any way and I wasn’t happy at all.

After three years of marriage, Shirley asked for the divorce: the first one in her family’s entire history. She remembers her aunties’ admonitions: “Why couldn’t you stay married? Why can’t you just be happy? This is what women are meant to do, you thought it was going to be loving and wonderful all the time, you thought you were going be happy all the time? This is life!” Despite all the scandals this would cause, Shirley acted bravely for the first time and got the divorce.

In 2007, Shirley fell into a depression but realized that this is another act of selfishness because she “only had pity for [her]self and had no idea from the things going on outside [her] world”. So she went traveling through Asia, to understand what makes the Asian identity, because, like Philippines, Malaysia renounced to having a proper identity as it was colonized for a very long time, she said.

In Singapore, Shirley meets Tony Meloto. She remembers his sentence: “never stop hoping for your country, never stop caring for your people, demand greatness for yourself”. Thus she realizes that she never demanded anything to herself.

image (1)Shirley followed the man she calls “Tito Tony” like everyone here, to Gawad Kalinga (the goal of this organisation is explained in the article about Issa Cuevas). She devotes her time and her investments to the farm, to the social enterprises it hosts, to GK’s communication around the world. She also “adopted” ten young boys to support their needs and education at the farm’s university.

She totally changed her way to consider things after these years of transformation:

There is a purpose for my waking up, there is a purpose for my presence here. And it is serving a bigger cause than all my selfish needs.

This evolution is obvious in the way she defines now ambition, after all these years of opulence:

Don’t let your ambition become really small, shallow and superficial that would just be about money and material things. Include real life, real people, include aspect of the world you live in. Most people think ambition as a very self-serving process or goal. But your ambition can be very powerful when you embrace it in a way that it has impact in the world around you.

At the age of 46, Shirley also changed her vision of love:

As a typical girl, I thought love was that romantic idea of the charming prince with who you can live a fairy tale. But now I know that your entire self does not depend on one person’s affection and attention on you. It’s really about how much you love yourself and your life. My definition of love is how much do I enjoy being me, my life. How much in love am I with who I am. If I can do that well, then I am able to connect with other people, to see the good in them, and enjoy being with them and that love is bigger than superficial romantic love.

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Women in Asia

According to Shirley,

In Asian society, we look at strong women as bitches and bossy persons. People like softer women, they associate soft with gentle. We have a long way to go before seeing women beyond an object of desire or a baby making facility or a trophy or just someone who takes care of your home. Women in Asia should be given a wider prospective to be recognized as someone who is capable to take care of family and home as someone who is really capable to make a real difference in the world. I hope that with more education different women in Asia will be free to be themselves and not to hide a part of themselves just to fit the society.

Today, Shirley is one of Gawad Kalina’s major figure, Tony Meloto’s strong partner, but beyond this, she found a place where to live in deep simplicity, while working for a people who served her all her life long.

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Version française : 

IMG_1398Le dernier sac Hermès, l’intégralité de la dernière collection Chanel, des études dans une grande université britannique, un aller retour pour les Maldives en jet privé, la Porsche de l’année, des photographies dans les journaux de la semaines, des galas de charité pour les prochains mois, des maids et des servantes philippines par dizaines, voilà ce à quoi a renoncé Shirley en 2007. Cette année-là, Shirley s’est réveillée au milieu de ce rêve fait de paillettes, de glamour et de célébrité pour réaliser qu’elle ne pouvait plus continuer.

Héritière d’une des plus grandes familles malaisiennes, Shirley suivait depuis sa plus tendre enfance un rythme de vie effréné de millionnaire à Kuala Lumpur.

Au bout de trois ans d’un mariage lui aussi glamour, Shirley demande le divorce : le premier dans l’histoire de sa famille. Elle se rappelle les remontrances de ses tantes : « Ne peux-tu simplement pas restée mariée ? C’est ce que les femmes sont supposées faire ! Que croyais-tu, que l’amour durerait toujours, que tu serais toujours heureuse ? C’est ça la vie. ». Malgré les scandales que cela entraîna, Shirley posa son premier acte de courage et alla jusqu’au bout de la procédure.

En 2007, Shirley sombre dans une profonde dépression mais se ressaisit car réalise qu’elle est d’autant plus égoïste qu’elle « s’apitoie sur son propre sort, sans avoir aucune idée de ce qui se passe dans le monde qui l’entoure. ». Elle part donc voyager à travers l’Asie pour comprendre ce qui fait l’identité asiatique, car, comme les Philippines, la Malaisie est un pays qui a renoncé à avoir une identité suite aux nombreuses périodes de colonisation qu’ils ont connu, nous explique-t-elle.

A Singapour, Shirley rencontre Tony Meloto qui la marque par cette phrase : « ne cessez jamais d’espérer pour votre pays, ne cessez jamais de vous souciez de votre peuple, exigez de vous de la grandeur ». Elle réalise alors qu’elle n’a jamais exigé d’elle-même quoi que ce soit.

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Shirley a donc suivi celui qu’elle appelle comme tout le monde ici « Tito Tony » à Gawad Kalinga (le concept de cette organisation est expliqué dans l’article d’Issa Cuevas). Elle consacre aujourd’hui tout son temps et ses investissements à la ferme, aux entreprises sociales qu’elle héberge, à la communication de GK autour du monde. Elle a également « adopté » dix jeunes garçons pour subvenir à leur besoin et leur éducation au sein de l’université de GK.

Sa vision des choses a radicalement changé pendant ces années de transformation :

Dorénavant je me lève chaque matin avec un but, ma présence ici a un but. Et je sers une cause bien plus grande que mes besoins égoïstes.

Et cette évolution se ressent dans sa définition actuelle de l’ambition, après toutes ces années d’opulence :

Ne laissez pas votre ambition devenir petite ou superficielle, ne la laissez pas se tourner uniquement vers l’argent et les choses matérielles. Introduisez-y la vie, les gens, le monde qui vous entoure. Trop de gens voient l’ambition comme un moyen de se servir soi-même, un but personnel. Mais votre ambition peut être puissante si elle a un impact sur le monde dans lequel vous vivez.

A 46 ans, Shirley a également vu évoluer sa vision de l’amour :

Comme n’importe quelle fille je croyais que l’amour correspondait à cette image romantique du prince charmant et de la vie en conte de fée. Désormais je sais que notre personne entière ne dépend pas de l’affection ou de l’attention de quelqu’un pour nous. Le fait est de savoir à quel point on aime sa propre personne et sa vie. Ma définition de l’amour est de savoir à quel point j’apprécie être moi, à quel point j’apprécie ma vie ? si je parviens à y répondre favorablement, alors je serai capable de me lier avec d’autres, de voir le bien en eux, de les apprécier, et cet amour est bien plus grand que l’amour romantique et superficiel.

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Les femmes en Asie

Pour Shirley,

La société asiatique voit les femmes fortes comme des salopes et des femmes autoritaires. Ils aiment les femmes molles, ils associent la molesse à la douceur. Nous avons encore un long chemin à parcourir avant de considérer la femme autrement que comme un objet de désir, une machine à faire des enfants, un trophée ou simplement une fée du logis. On devrait considérer les femmes en Asie comme des personnes à la fois capable de s’occuper d’un foyer mais également de faire une réelle différence dans le monde.

Shirley est aujourd’hui une des figures majeures de Gawad Kalinga, la partenaire de fer de Tony Meloto, mais surtout, elle a trouvé un endroit où vivre dans une grande simplicité tout en œuvrant pour un peuple qui l’a servie toute sa vie.

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